Quelques améliorations pour le bien-être des chevaux

Quelques améliorations pour le bien-être des chevaux

Nous essayons chaque année de mettre en place quelques améliorations concrètes pour le bien-être des chevaux de propriétaires dans notre pension familiale. En voici une liste non-exhaustive !

 

Vive la Belgique !

Nous vivons en Belgique, sur un terrain argileux. Cela devrait vous suffire pour comprendre qu'il nous est parfaitement impossible de garder 20 chevaux constamment dans nos prairies l'hiver sans gros travaux de terrassement préalables ! Ces travaux nécessiteraient un énorme budget et une augmentation significative du prix de la pension (et comme je vous le disais précédemment, c'est difficile à avaler), c'est pourquoi ils ne sont pas à l'ordre du  jour actuellement. Cela signifie donc que nous devons, durant la mauvaise saison, nous organiser pour garder les chevaux en box tout en leur offrant des sorties régulières.

 

Les contacts sociaux

Nous avons opté pour une solution qui est loin d'être parfaite mais qui pour le moment nous convient : les troupeaux sortent à tour de rôle la journée, et restent en box la nuit. Mais nous faisons en sorte qu'ils puissent avoir des contacts sociaux même lorsqu'ils sont à l'intérieur, et ils nous donnent l'impression de bien mieux supporter l'enfermement grâce à cela.

Comment avons-nous fait ? La solution est très simple, mais elle est loin d'être répandue : nos chevaux peuvent se toucher par dessus les parois de leur box, et observer leurs voisins d'en face. Pour leur permettre cela, nous avons simplement monté des parois en bois modulables par l'ajout ou le retrait de planches (épaisses, pas de risque de passer à travers en shootant dedans). Nous avons bien évidement réfléchi à la répartition des boxes nous avons fait les ajustements nécessaires en fonction des affinités, ce qui nous évite la majeure partie du temps d'avoir des tentatives de morsures ou des coups de pied à répétition.

Nous avons également réparti les chevaux de façon à ce que personne ne se retrouve isolé pendant la journée, lorsque qu'un troupeau sort et l'autre pas. Ces dispositions peuvent paraître extrêmement simples, mais elles ont permis de diminuer l'anxiété de certains chevaux stressés par l'isolement, et d'offrir à tous les chevaux une certaine distraction dont ils ne peuvent bénéficier lorsqu'ils sont enfermés entre quatre haut murs et un grillage.

Contre exemple : contacts sociaux impossibles, les chevaux pouvant à peine se voir en tendant la tête dehors...

La gestion des prairies

Auparavant, comme je l'ai expliqué dans mon article sur la gestion de prairies, les chevaux avaient constamment accès, à la belle saison, à l'entièreté des hectares disponibles autour de la pension. C'était très facile pour nous : dès que le temps semblait stable, fin avril/début mai, nous les lâchions dans les prairies et nous n'avions plus qu'à les faire passer des prairies du haut à celles du bas quand cela s'avérait nécessaire à nos yeux.

La nouvelle gestion des prairies, qui nous a demandé de clôturer de nouvelles parcelles et de répartir les chevaux en deux troupeaux, nous demande bien plus de travail et d'entretien, mais offre les conditions de pâturage quasi idéales aux chevaux (prairies non surpâturées, groupes plus restreints donc moins de frictions,...). Nous avons aussi commencé à les mettre à l'herbe de façon bien plus progressive que ce que nous faisons auparavant, en les lâchant d'abord une heure sur les prairies d'été, puis deux, puis quatre,... et ce sur une dizaine de jours, afin de permettre à leur flore digestive de s'habituer lentement et d'éviter les problèmes de diarrhée.

Une fois encore ces dispositions peuvent paraître simplistes (il est possible de créer de nouvelles parcelles avec de simples piquets provisoires si vos chevaux sont respectueux des fils), mais elles ont notamment permis aux chevaux de ne plus subir de désagréments digestifs récurrents à la belle saison.

 

Plus de parcelles pour une meilleure gestion de l'herbe.

Une meilleure alimentation ...

Bien que notre nourriture soit encore beaucoup trop industrielle à mon goût, nous nous améliorons aussi sur le point nutrition. Nous ne pouvons pas encore proposer de foin à volonté (et les conditions climatiques des deux dernières années ont encore plus joué en notre défaveur niveau récolte de foin) mais nous essayons que les chevaux restent sans foin à disposition le moins souvent possible. C'est pourquoi nous n'avons pas établi de règle "foin supplémentaire = supplément de pension" comme c'est souvent le cas dans les écuries. Chez nous, chaque propriétaire qui souhaite remettre du foin à son cheval en a le droit, et nous encourageons même les propriétaires à utiliser des filets à foin pour augmenter encore plus le temps d'ingestion.

 

... grâce aux propriétaires !

Malheureusement, nous ne pouvons pas nous occuper nous-mêmes de remplir tous les jours 20 filets, au vu de la charge de travail et du temps nécessaire à l'opération. Cela serait envisageable si nous augmentions les tarifs de la pension mais, comme je l'ai dit dans un précédent article, les augmentations qui n'apportent pas d'avantages en terme de confort pour les propriétaires ne sont pas toujours bien acceptés (par certains, entendons nous bien !). Le système actuel repose donc sur un effort de la part des propriétaires qui souhaitent le meilleur pour leur cheval, et une absence de restrictions par rapport aux quantités de foin utilisés de notre côté.

C'est une solution très basique mais qui permet néanmoins à tous les chevaux dont les propriétaires font des efforts de ne plus se retrouver sans foin pendant de longues heures. En effet, malgré une distribution généreuse, ceux qui se sont déjà chargés de ravitailler des chevaux savent qu'en dehors d'un filet, les chevaux mangent extrêmement vite et gaspillent plus ou moins de foin selon les individus. Grâce aux filets, on obtient un allongement significatif de la durée d'ingestion et donc des chevaux moins stressés par une restriction alimentaire et moins frustrés de se retrouver en box.

 

Les améliorations à venir ...

Dans le courant des prochaines années, nous aimerions continuer à améliorer le bien-être des chevaux en pension chez nous. Nous pensons notamment à créer notre propre mélange de grains (pour les chevaux qui en ont réellement besoin durant la mauvaise saison) et à faire faire un complément minéral-vitaminé sur mesure qui viendrait le compléter. Cela fait déjà 3 ans que je fais analyser notre foin afin d'adapter les rations de mon poulain, et nous souhaiterions pouvoir appliquer le même principe à tous les chevaux de la pension. Nous pensons effectivement que cela permettrait sans aucun doute aux chevaux qui perdent trop d'état en hiver de rester plus stables, et à ceux qui ne font que grossir d'année en année de redevenir sveltes.

Bien sûr, tout cela représente un coût non négligeable qu'il nous faudra répercuter sur le prix de la pension. C'est toujours la même rengaine : nos propriétaires seront-ils prêts à payer un peu plus cher pour le bien-être de leurs chevaux ? Nous verrons ...

 

Et vous, comment ça se passe ? 

J'espère que ces quelques idées permettront à certains d'entre vous de faire des propositions concrètes à vos gestionnaires de pension (je le rappelle : toujours dans la bienveillance ! Cela marche mieux si vous commencez par souligner tout ce qui est déjà mis en place et qui fonctionne bien...), ou que vous pourrez les appliquer directement chez vous si vous avez vos chevaux à la maison.

N'hésitez pas à partager vos idées ou vos propres expériences en commentaire ! C'est en partageant et en discutant que nous parviendrons à faire évoluer les choses dans le bon sens 🙂

 

Commentaires ( 2 )

  • Arnaud Lallemand

    Compte tenu de vos préoccupations sur le bien-être et des problématiques que vous rencontrez, avez vous envisagé de passer à un hébergement en ECURIE ACTIVE ? Vous auriez la place.

    • Admin

      Bonjour Arnaud !
      Tout est envisageable, mais les aménagements représenteraient un coût que nous ne pouvons clairement pas assumer à l’heure actuelle 🙂
      Un jour peut-être !