Les lois de l’apprentissage : renforcements et punitions

Les lois de l’apprentissage : renforcements et punitions

Salut tout le monde ! Éduquer un cheval n'est pas une mince affaire. Il faut savoir employer un langage commun, s'adapter à sa personnalité, et lui offrir des conditions de vie qui lui conviennent avant tout. Ensuite, on a le "choix" entre diverses approches pour lui enseigner sa vie de cheval dans un monde d'humains... Les fameuses lois de l'apprentissage.

 

Conditionnement et autres joyeusetés

Comme on pourrait écrire des romans entiers à son sujet, faisons simple et court pour garder le lecteur en haleine. La bonne nouvelle, c'est que tout ce qui est écrit ici ça marche pour tout le monde ! Vous, poney, chaton, chien, tout le monde est concerné 😀

De quoi vous la péter à fond pendant le repas de Noël...

Il existe grosso modo deux conditionnements qui nous proviennent des théories béhavioristes.

  • le conditionnement classique : hello Pavlov
  • le conditionnement opérant : hello Skinner

Le conditionnement ≠ malédiction absolue

Ouais je sais que ça fait toujours bizarre, mais le conditionnement, c'est loin d'être un truc grave. En fait, tout est conditionnement... La prochaine fois qu'on vous sort "ouaaais mais bidule son cheval est to-ta-le-ment conditionné quoi", vous pourrez suggérer à la personne en question que le terme qu'elle souhaitait probablement employer était "résigné" ou "lobotomisé" peut-être.

  • dans le conditionnement classique, la théorie veut que l'on associe un comportement déjà existant chez l'individu que l'on observe, à un stimulus spécifique artificiel. Prenons l'exemple de Pavlov : on part du postulat que les chiens ont une réaction instinctive de saliver à l'approche de la nourriture. Le comportement existe déjà, on est d'accord ? Ok. La suite va consister à faire sonner une cloche à chaque fois que la nourriture arrive. A force de répétition, rien que le son de la cloche (sans nourriture nécessaire) parviendra à faire saliver l'animal.
  • dans le conditionnement opérant, on va plus loin : par exemple, imaginons que votre cheval est devant un seau à granulés. Il parvient, par hasard, à soulever le couvercle et à se goinfrer de nourriture (et accessoirement à risquer des petits soucis de santé). Son comportement "soulevage de couvercle" ayant été récompensé par la trouvaille fabuleuse de granulés blindés de sucres, il va le répéter, le répéter, et renforcer ainsi ce comportement.

Les deux animaux ont été "conditionnés".

Tu crois que t'as compris ? Si oui, donnes-nous un exemple de chaque type de conditionnement en commentaire 🙂

 

Du conditionnement, découle... Les concepts de renforcement et de punition !

Alors ceux-là, les gars, il y a des gens qui s'entretuent à leur sujet. Ça n'est vraiment pas nécessaire, alors essayons d'être aussi objectif que possible.

  • le renforcement, c'est le fait d'ajouter un stimulus pour faire en sorte que le comportement désiré se reproduise plus facilement (et donc se renforce).
  • la punition, c'est le fait d'ajouter un stimulus pour faire en sorte que le comportement indésirable ne se reproduise plus du tout (et donc s'éteigne).

Concrètement, c'est du conditionnement opérant (de Skinner donc).

Renforcements et punitions.

Doooonc, soyons super concrets.

  • le renforcement positif : une fois que l'animal produit un comportement souhaité, on le récompense à l'aide d'un stimulus qu'il aime (friandise, grattouille, etc).
  • le renforcement négatif : pour que l'animal produise un comportement souhaité, on ajoute un inconfort pour obtenir le comportement. Cet inconfort disparaît dès que le "bon" comportement est produit.
  • la punition positive : lorsque l'animal produit un comportement indésirable (mordre, taper), on ajoute un inconfort pour diminuer l'apparition de ce comportement (taper sur le nez pour "punir" une morsure).
  • la punition négative : lorsque l'animal produit un comportement indésirable (taper sur la porte du boxe), on lui retire quelque chose d'agréable pour diminuer l'apparition du comportement (au lieu de le nourrir, on s'éloigne avec le seau de nourriture).

Lesquels sont mauvais ou bons ?

Je sais que c'est la seule question qui vous importe...

Le fait est que ça dépend beaucoup de comment chacun de ces concepts sont appliqués. Aujourd'hui, la communauté scientifique, plus spécifiquement sur l'éducation canine, a prouvé que le renforcement positif était la façon la plus agréable (et souvent la plus efficace) pour éduquer les chiens.

Jusque là, pas de surprise ! Vous préférez sans doute aussi être motivé par le salaire à la fin du mois que par les pressions que vous colle votre patron.

Seulement, chaque animal fonctionnera différemment et on a prouvé à de multiples reprises qu'un renforcement négatif bien fait (bien fait, bien fait, bien fait ... ouais j'insiste parce que ça, c'est souvent un peu bâclé ce qui déclenche des amalgames et des raccourcis bien nazes) se passera très bien avec un cheval.

Conclusion : apprenez très bien à utiliser les deux types de renforcements, et votre cheval vous en remerciera 😉

 

Commentaires ( 6 )

  • Arnaud Lallemand

    Bonjour,
    Merci pour cet article, juste une correction importante à mon sens sur la conclusion à propos des effets des conditionnements opérants.
    Il a été démontre que sur le cheval, le renforcement positif génère plus de motivation et que l’usage du renforcement négatif génère plus de stress et que le cheval appréhende physiologiquement les séances avec du stress lorsque l’on utilise seulement le renforcement négatif.

    • Admin

      Bonjour Arnaud, merci pour votre commentaire. Oui, c’est vrai et nous ne prétendons pas le contraire. Seulement, la quantité de stress versus la quantité de motivation dépend beaucoup de la façon dont chaque renforcement est employé, et nous sommes très sensible au fait que généraliser et simplifier trop les résultats d’études pourraient mener les gens à faire des associations binaires parfois malvenues.

  • Amélie

    Bonjour, au niveau équitation ( dressage, éducation du cheval) auriez vous des exemples de renforcements positifs qui ne sont pas précédés d un renforcement négatif ? Merci.

    • Admin

      Bonjour Amélie !

      On peut par exemple apprendre la descente d’encolure à un cheval en renforcement positif uniquement : sur le cercle (par exemple) vous patientez jusqu’à ce que le cheval baisse la tête d’abord légèrement et vous récompensez à ce moment-là. Il est pratique d’avoir un code vocal récurrent qui signifie à votre cheval le moment exact où il fait quelque chose que vous souhaitez renforcer 🙂

  • Segolene DHERBECOURT

    Alors pour moi le renforcement négatif c’était plutôt : j’enlève une pression quand j’ai la bonne réponse. Ex : je mets des jambes, le cheval passe au trot, j’enlève mes jambes.

    • Admin

      Oui, c’est exactement cela, sauf qu’il ne faut pas oublier qu’on applique d’abord la pression avant de la retirer 😉