Comment les réseaux sociaux m’ont dispersée et paralysée

Comment les réseaux sociaux m’ont dispersée et paralysée

Membre de The Tack Room, et amatrice de talent, Clémentine Saïs, co créatrice du groupe Des Défis D'Etho, nous propose aujourd'hui une réflexion partagée par de très nombreux cavaliers de nos jours. En pleine réflexion quant à sa professionnalisation dans le monde équestre, le chemin qu'a traversé Clémentine pourra peut-être apaiser ceux qui passent par là actuellement. Bonne lecture !

 

Il y a quelques mois, j'ai traversé une période difficile avec mon cheval. Je me posais beaucoup de questions, je passais du temps à regarder des articles : sur le renforcement positif, sur le renforcement négatif, méthode d'untel et d'un autre. Une réflexion d'une personne que je suivais amenait des milliers de questions sur ma pratique : est-ce juste d'utiliser du renforcement négatif ? Mon cheval étant lourd, est-ce que je peux lui demander plus ? Est-ce juste de lui demander des choses tout court ? Est-ce qu'il faut utiliser le stick ou pas ? Si oui comment ? Peut-être que tout cela n'est pas juste...

Pendant des mois, j'ai oscillé entre peur et blocage. Je n'osais plus rien faire, ou bien, soudainement, je passais au tout renforcement positif, puis d'un coup je décidais de lui demander des choses, mais alors je devenais presque agressive. Mon cheval perdait sa bonne humeur, son énergie. Plus son attitude se dégradait, plus les peurs et les questionnements m'envahissaient, plus je lisais tout et son contraire, pire c'était...

Puis, petit à petit, suite à des discussions, au cours de mon propre cheminement, j'ai moins pris en compte ce que je lisais. J'ai moins rêvé sur des vidéos FacePoney dont on ne voit que la surface parfois. J'ai arrêté de vouloir montrer des choses pour me concentrer sur les véritables besoins de mon cheval, que je sois cohérente, que j'assume une bonne fois pour toute de lui demander des choses, et que ce qui est bon ou mauvais pour certains ne l'est pas forcement pour nous.

Je suis devenue plus claire, mes demandes plus justes, j'ai cessé de m'excuser.

Je n'ai pas cessé de lire, observer d'autres pratiques, en revanche elles ont cessé de me faire tout changer, car j'ai pris du recul. L'important pour nous n'était probablement pas de savoir quel renforcement, si c'était juste, mais d'être en paix avec moi-même, d'assumer d'avoir envie de lui demander des choses, sans culpabiliser parce que untel avait fait un autre chemin ou questionnait le mien.

Au final mon cheval semble 10 fois plus équilibré depuis que j'accorde de moins en moins d'importance aux pensées des autres, il a retrouvé sa bonne humeur, son envie de faire et m'offre de plus en plus. La question n'est pas de savoir comment, quels outils, mais est-ce que ça me convient, qu'est-ce que j'ai envie de faire, assumer, même si peut être que dans 10 ans je prendrai un autre chemin.

Mon cheval n'avait que faire de mes questionnements, qui amenaient de la frustration, un manque d'équilibre, de clarté, de constance. J'aime questionner, mais malheureusement quand on lit tout et son contraire, force est de constater que chacun interprète les choses face à son propre miroir, à travers le prisme de sa propre vie, et que se laisser convaincre parce que telle chose n'a pas convenue à Brigitte ou Gérard, c'est oublier que nous sommes tous différents, que nos chevaux le sont aussi, et que rien ne vaut de s'installer juste devant son propre miroir que d'interroger celui des autres puisqu'au final il y a 10000 réponses si on installe 10000 personnes devant un miroir.

Ce qui est bon pour moi ne le sera pas forcément pour l'autre, je ne cherche plus à prouver aux autres, même si certains tendent à avoir toujours les réponses, ma vraie réponse à moi a été juste de savoir ce que je voulais moi, ce qu'attendait mon cheval, bien loin des belles images Facebook, des photos, des articles.

Juste être juste avec moi-même, aujourd'hui, même si demain sera sûrement différent.
Juste au présent.

 

Clémentine Saïs

Commentaires ( 2 )

  • Cavali'Erre

    Très belle réflexion, merci.
    On m’a dit il y a peu, en substance « c’est bien de lire, mais il faut aussi passer à la pratique ». Et oui, en effet, il y a des questionnements, le regard et le travail des autres, mais l’essentiel c’est de faire avec nos chevaux et d’être en accord avec eux et nous-même.
    Bon, maintenant il faut que j’applique cette belle recommandation d’être « juste au présent ». 😀

  • Merci Clémentine pour ton partage, il me parle tellement <3, être juste avec eux dans l 'instant "T"