Castrer ou ne pas castrer ?

Castrer ou ne pas castrer ?

Je m'appelle Marie-Christine et je suis abonnée à la plateforme The Tack Room. Je vois souvent passer sur Facebook des débats sans fin entre ceux qui sont contre la castration et ceux qui sont « contre » les entiers. Chacun est libre de ses choix, du moment qu’ils sont assumés jusqu’au bout ! J’ai du prendre une décision par rapport à mon propre cheval et je voulais partager mon expérience avec vous... Alors, castrer ou non ? 🙂

 

Le cas de Fuego

J’ai acheté en 2016 un petit PRE mâle entier de huit mois. À l’époque, c’était une adorable petite peluche, plutôt facile à manipuler, assez confiant dans son environnement. Je n’aurais vraiment pas pu rêver mieux !

Comme j’avais bien calculé les choses, il a dès son arrivée pu rejoindre un copain de deux mois son cadet, ainsi qu’un des troupeaux de la pension. Il a donc toujours été entouré d’adultes, mais a pu bénéficier de l’amitié (et Dieu sait si elle est grande, encore aujourd’hui) d’un partenaire de son âge. Nous pensions que l’on pourrait les laisser avec leur troupeau mixte jusqu’à 18 mois au mois… Tant d'innocence !

Dès le mois de mars et les premiers jours de beau temps, Fuego s’est montré extrêmement intéressé par les juments qui l’entouraient au quotidien : il leur collait les fesses, mais pourtant sans déballer son attirail et je pensais donc avoir le temps. Quelques semaines plus tard, je l’ai surpris à essayer de grimper sur une pouliche de son âge qui se laissait plutôt faire, mais heureusement ni l’un ni l’autre n’avait l’air de savoir comment s’y prendre. J’ai donc décidé de ne plus le laisser avec cette pouliche, mais il était cependant toujours en troupeau mixte puisque les juments plus âgées du troupeau ne le laissaient pas s’approcher trop près.

 

 

12 mois et des châleurs

Fin avril, alors qu’il allait avoir un an, les juments de la pension ont eu leurs premières chaleurs et nous avons du nous résoudre à faire des troupeaux homogènes, histoire de ne pas se retrouver avec des petites surprises (mignonnes, mais encombrantes) l’année suivante. Effectivement, les juments étaient devenues tout de suite plus enclines aux approches des deux jeunots – la différence d’âge n’est pas importante dans la communauté chevaline … 😀

Grâce à la disposition de nos pâtures, je n’ai jamais eu à m’inquiéter d’un éventuel saut de clôture pour rejoindre une dulcinée : les prairies des juments étant assez éloignées de celles des hongres et des deux entiers, la tentation de fuguer était donc fortement réduite.

 

 

Un an et demi, un énorme carafon

Avant même de commencer réellement à « travailler » à pied avec Fuego, je me suis rendue compte qu’il avait un sacré caractère. Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis retrouvée à faire du ski au bout de ma longe, ni le nombre d’ampoules sur les mains que j’ai eues. Il n'était pas peureux, mais lorsqu’il avait décidé qu’il n’était pas d’accord avec ce que j’avais envie de faire, il n’y allait pas par quatre chemins : cabrés, petits cris de goret, demi-tours au galop (tête baissée pour pouvoir me tracter encore plus fort bien entendu),… Je me suis rapidement dit que les hormones devaient lui monter à la tête et que mon projet de le castrer vers 2 ans et demi pour lui permettre de développer un tout petit peu son physique d’entier devrait probablement être revu.

 

Castré à presque deux ans

Mi-avril, juste avant ses deux ans donc, nous avons castré Fuego et son copain, le même jour. Tout s’est très bien déroulé, les soins ont été plutôt faciles et ils ont tous les deux bien cicatrisé. Après quelques semaines, nous avons pu les remettre en troupeau mixte, et ils n’ont jamais montré le moindre signe d’excitation vis-à-vis des juments. Par contre, à tout ceux qui me demandent aujourd’hui si j’ai vu une différence par rapport à son caractère : la réponse est non !

Je ne dis pas que notre cas est commun mais Fuego n’a absolument pas changé de caractère, loin de là. Il n'est simplement plus sexuellement intéressé par les juments. Il fait toujours autant son kéké des plages quand il rencontre un nouveau cheval. Il est toujours aussi déterminé, il montre toujours autant son mécontentement lorsqu’il n’est pas d’accord avec moi. Il se cabre encore régulièrement aussi, mais n’essaie plus de m’arracher la longe car son éducation a été faite et nous avons insisté sur ce point. Ce qui a « changé » la façon d’être de mon poulain n’est pas sa castration, mais le travail. Et j’en suis très contente ! Je n’avais aucune envie de perdre son pep's et sa détermination car je sais que, gérés correctement, cela nous permettra d’aller loin dans notre partenariat 🙂

 

Alors, castrer ou non ?

Personnellement, je ne regrette pas du tout d’avoir castré mon poulain, pour la simple raison que mon but n’était absolument pas de faire de la reproduction avec lui et que, dans cette optique, je voyais beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages au fait de le garder entier. Déjà au niveau logistique, tout simplement, je me voyais mal imposer des troupeaux homogènes à toute la pension alors qu’ils avaient toujours été mixtes et que cela se déroulait parfaitement. Et puis, un fil cassé, une barrière mal refermée et un poulain surprise aurait pu pointer le bout de son nez... Et pour tout vous dire, je n’avais aucune envie de devoir assumer la responsabilité d’un poulain non-désiré, sans parler des propriétaires de juments.

Je pars du principe que j’ai envie d’offrir à mon cheval des conditions de vie idéales : dehors, en troupeau,… Alors oui, c’est évidemment possible de mettre des hongres en troupeau avec un entier, mais il faut tout de même être prêt à assumer un éventuel accident, et c’est à chacun de décider ce qu’il veut faire à ce sujet. Je ne parlerai pas ici d’éventuelles frustrations dues à la privation de saillies car dans la nature, certains mâles en sont également privés, et personne ne s’apitoie sur leur sort. Si on peut offrir des conditions de vie idéales à un entier, même s'il ne reproduit pas, pourquoi pas ? A chacun de décider.

Si vous ne pouvez offrir que ce décor 23 heures sur 24 à votre entier ... Abandonnez l'idée !

 

Il faut cependant noter que le caractère et la gestion quotidienne d’un entier, qui peut être plus démonstratif, déterminé et impressionnant qu’un hongre ou qu’une jument (attention, je n’ai pas dit qu’un hongre ou une jument ne pouvait pas avoir un gros carafon!), peut poser problème à certaines personnes. On connaît tous une jeune personne (souvent des filles, allons savoir pourquoi...) qui rêvait d'avoir son petit entier et qui se retrouve complètement débordée par ses hormones en ébullition. C'est malheureusement souvent du à de l'ignorance et à un manque de réactivité aux premiers signaux d’alerte.

 

Conclusion

N’oublions jamais qu’un cheval est fait pour avoir des contacts sociaux, vivre un maximum dehors, voir ses besoins fondamentaux respectés, en somme ! Si vous ne pouvez pas offrir cela à votre cheval, alors réfléchissez bien avant d’acheter un entier (et un cheval tout court, d'ailleurs). Si vous n’avez pas les moyens de vous assurer un suivi par un professionnel concernant l’éducation de votre cheval, réfléchissez bien avant d’acheter un entier (on pourrait débattre pour un cheval tout court aussi, d'ailleurs). Si vous n’avez pas les moyens financiers ni logistiques d’assumer un poulain non-désiré, alors réfléchissez bien avant d’acheter un entier. Si vous n’avez pas l’intention de faire de la reproduction, alors réfléchissez aussi avant d’acheter un entier.

Si vous avez les moyens logistiques, financiers, émotionnels,... pour assumer un entier, alors pourquoi pas ! Vous aurez compris à travers mon témoignage que je ne souhaite absolument pas diaboliser nos petits mâles testostéronés... Simplement, il me paraît utile de rappeler que ce sont des êtres vivants : on ne devrait pas jouer aux apprentis sorciers avec eux si on ne peut pas se permettre d'assumer par la suite. Et si vous êtes débordé par votre entier, sachez aussi que la castration ne fera pas de votre cerveau gauche extraverti +++ un gentil petit mouton sage ! Ne comptez pas sur un coup de scalpel magique pour régler la situation. Encore une fois : entourez-vous des bonnes personnes et sachez reconnaître lorsque vous avez besoin d’aide 🙂

 

Et vous ?

Et vous ? Vous avez une expérience à nous raconter avec un entier ? Vous avez décidé de castrer ? Pourquoi ? Vous aviez l'intention de ne pas le faire mais vous avez du vous y résoudre ? Ou l'inverse ? Racontez-nous !

Commentaire (1)

  • Celine

    Bonsoir
    Personnellement j’a Un entier et un hongre. Et l’hongre M’en a fait voir toute sa vie du à son côté entier dominant difficile caracteriel! Une vraie remise en question journalière.
    Mon entier lui est le cheval le plus poli que je connaisse! Si si poli!! Il salue délicatement tout ses congénère hongre étalon jument, il est très sûr de lui manne fait aucun cinéma, est très doux avec les autres chevaux jamais agressifs mais il n’est jamais agressé non plus! C’est l’entier parfait que l’on peut transporter avec une jument sans crainte qui ne chauffe pas mais sais très bien qu’il est entier!!!
    Un cheval n’est pas l’aUtre mon hongre est une terreur mon entier un amour